Lettre à Mme la Défenseure des droits, alerte discriminations travailleurs en situation de handicap de l’Education nationale
A Madame la Défenseure des Droits, Claire Hédon Madame, ANTHEN (Association nationale des travailleurs handicapés de l’Education Nationale) existe depuispresque 5 ans. Créée à l’initiative de quelques personnels qui se heurtaient à des difficultés majeures pour voirleur handicap pris en compte par leur administration, elle n’a cessé d’évoluer depuis, en nombre d’adhérents etdans l’éventail de ses missions. Notre association reçoit nombre de messages de personnels ayant besoin de connaître leurs droits, oud’être conseillés pour les faire valoir. Il nous a donc été possible, au fil du temps, de cerner les manques enmatière d’inclusion du handicap dans notre ministère. Nous avons aussi parallèlement mené des actionsmédiatiques et citoyennes afin de faire connaître notre cause. Citons par exemple les courriers adressés auxdéputés et sénateurs, ou encore la pétition sur mesopinions.com qui a atteint près de 25000 signatures.Il y a un an, nos efforts pour établir un contact avec notre Ministère ont abouti à une rencontre avec la MHIP(mission handicap et inclusion des personnels) à Paris. Depuis, nous rencontrons M. Lichtlé (chargé demission Handicap) ainsi que ses collaboratrices et entretenons des échanges réguliers. Cependant, ils ne sontque cinq face à la tache immense qui leur est confiée sachant qu’ils sont en charge de la politique handicap del’Education nationale mais également celle de l’enseignement supérieur et de la recherche. Un plan pluriannuelde cinq ans est sur le point d’être finalisé, mais nous craignons grandement que la bonne volonté ne suffise paspour faire évoluer les situations -parfois dramatiques – de nos centaines d’adhérents ainsi que de tous lespersonnels qui ne nous ont pas encore rejoints. En effet, le budget dédié à l’inclusion des personnels en situation de handicap doit être revu à lahausse. On ne peut opter pour une Ecole inclusive des élèves en situation de handicap sans se donner lesmoyens de permettre le maintien dans l’emploi des personnels. Les discriminations sont bien connues,particulièrement au niveau des ressources humaines. Nos adhérents se heurtent souvent à un mur de silenceface aux différentes relances nécessaires pour potentiellement obtenir des aménagements de postes. Ils seheurtent aussi à des tentatives d’intimidation, des pressions de la part de leurs supérieurs hiérarchiques,concernant leurs absences pour maladie ou leurs demandes d’aménagements. Conscients de leurs droits ils sontnombreux à vous solliciter, et certains entament des démarches judiciaires au tribunal administratif.Cependant, beaucoup, usés par leur santé et craignant des frais de justice auxquels ils ne pourraient faire face,se découragent. Ils sont pourtant bien souvent dans leur droit. Notre ministère se devrait d’être exemplaire en terme d’inclusion mais c’est encore loin d’être le cas…Combien d’adhérents se sont vu proposer la retraite pour inaptitude totale alors même que tous lesaménagements possibles du poste de travail n’avaient pas été mis en place ? Pourquoi y a-t-il si peu de postesadaptés de courte et longue durée ? Combien d’adhérents nous ont confié avoir subi un non renouvellement deleur poste adapté faute de moyens ? Combien d’académies ne disposent que de peu de médecins du travail voiren’en ont plus du tout ce qui impose aux personnels de « patienter » des mois ou de devoir consulter le médecindu travail d’une autre académie ? Le handicap est la cause la plus fréquente de discrimination dans notre pays. Le premier employeur deFrance doit se saisir urgemment de ce problème. Nous comptons sur votre soutien dans notre action au servicedes personnels de l’Education Nationale, pour une société plus juste et véritablement inclusive, comme leprévoit depuis près de dix ans, la loi de février 2005. Direction collégiale d’Anthén
